Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 12:55

  

 

Généralités.

 

Suite à la question de Jean, j’ai pensé qu’il serait intéressant d’apporter à votre connaissance  les principales règles qui définissent ce que l’on pourrait appeler modestement  « une bonne alimentation ». 

 

Ces règles je les ai classées arbitrairement en deux catégories.

 

La première catégorie s’adresse à tous sans exception, c'est-à-dire aux sportifs comme aux sédentaires. Je l’ai nommée les « principes généraux de la bonne alimentation ».

La seconde catégorie s’adresse plus particulièrement à celles et à ceux qui pratiquent le sport d’une façon plus intensive et qui sont susceptibles de participer à des compétitions sportives. Je l’ai nommée «  les principes relatifs de la bonne alimentation sportive ».

 

 

Pour ceux ou celles qui souhaitent approfondir leurs connaissances alimentaires, je vous recommande de visiter les sites respectifs de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (www.afssa.fr/) et de l’Institut National de la Prévention et de l’Education de la Santé (www.inpes.sante.fr/) ainsi que les ouvrages recommandés à la fin de ce texte.

Il faut savoir que les principes alimentaires exposés ici sont le résultat d’études multiples menées sur des populations volontaires depuis de nombreuses années par des chercheurs rattachés à des offices publics.

La recommandation de la mise en œuvre de ces principes relève donc non pas de théories élaborées par quelques gourous bien présents malheureusement sur le marché de la santé mais bien de conclusions officielles accréditées par des organismes de santé publique.

 

 

 

 

Les principes généraux de la bonne alimentation.

 

Ces principes ont pour objet de rendre plus simple l’approche de la nutrition. En les respectant, la perte de poids et la forme réapparaitront rapidement.

  1.  Prenez trois repas par jour.

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous. Et pourtant bien que cette règle soit connue de tous,  elle n’est pas toujours correctement appliquée. Le grignotage n’est jamais loin.

Ce principe a pour objet de rationnaliser la prise d’aliments. En fait, c’est la façon la plus élémentaire que nous connaissons pour réguler les quantités absorbées. Donc, pour respecter au mieux ce principe, vous devez vous alimentez le matin au petit déjeuner, à la mi-journée au déjeuner et le soir au dîner. C’est tout.

2.  Evitez de vous alimenter en dehors des repas.

Ce principe découle du précédent. Autrement dit, il est déconseillé d’absorber des aliments en dehors des repas sous quelque forme que ce soit. Attention au sucre dans le café, les boissons sucrées etc…

 Et même en cas de situation stressante, vous ne devez pas vous laisser aller au grignotage.


3. En dehors des repas, en cas de fringale, mangez essentiellement un fruit.

 Il arrive cependant que l’heure à laquelle on termine le déjeuner soit trop éloignée de celle du dîner. Exemple : le déjeuner à lieu à midi, le dîner à 21heures. Dans ce cas il est possible de prendre une collation à base essentiellement de fruits en fin d’après-midi pour attendre sereinement le dîner. Il en va de même lorsque vous êtes en situation de stress.

Exemple : une pomme ou deux, une orange voire une banane.

 

4. hydratez-vous régulièrement.

C’est surtout en dehors des repas que vous devez boire de l’eau de façon régulière. Préférez l’eau plate les jours où vous ne pratiquez pas d’activité physique et l’eau pétillante les autres jours.

Pourquoi ? L’eau pétillante comporte beaucoup plus de sodium que l’eau plate. La sudation inhérente à l’effort physique génère une importante perte de sodium qui sera le jour de l’effort compensée par la prise d’eau pétillante.

Buvez environ 1,5 litre les jours de repos, le double les jours sportifs.



5.  Incorporez dans votre alimentation des fruits et des légumes au quotidien.

 


La consommation de fruits et de légumes est intéressante pour l’organisme car ces aliments contiennent en quantité non négligeable de vitamines, de sels minéraux, de l’eau et des fibres.

Manger chaque jour  l’ensemble de ces éléments contribue à long terme à minorer substantiellement  les risques de maladie et favorise au présent la recherche ou l’entretien d’une bonne condition physique.


6. Favorisez la part de sucres complexes au cours de chacun de vos repas.

 


Les sucres lents ou complexes doivent être considérés comme notre principal carburant. En leur absence la fatigue se fait rapidement sentir. Pour faire simple, je vous recommande d’intégrer à chaque repas 100 grammes de sucres lents sous forme de pâtes, riz, semoule…. pour couvrir les besoins. Accompagnez-les de légumes c’est moins riches en calories.

En ce qui concerne les céréales, consommez les céréales de type muesli mais limitez leurs apports à 30 grammes au petit déjeuner car ce sont des sucres lents très caloriques.

 

  1. Oubliez les sucreries.

Chaque fois que vous mangez des sucres rapides, votre glycémie (taux de sucre sanguin) augmente rapidement.

A court terme, ce processus conduit l’organisme à transformer dans un premier temps cet excès de sucre en gras. Dans la foulée, il s’ensuit une baisse de la glycémie (hypoglycémie) conduisant légitimement à un état de fatigue générale suscitant une envie irrépressible de manger. Autrement dit, plus on grignote des sucreries plus on a faim.

A long terme, la mise en application récurrente de ce processus est responsable du diabète gras. C’est une maladie, qui de nos jours, à cause du déséquilibre alimentaire qui s’est ancré dans la société, est en constante augmentation chez les sujets de plus en plus jeune.

Un conseil : donnez une bonne éducation alimentaire à vos enfants.



8. Réduisez l’apport de protéines animales.

 

Alors je vous conseille de consommer l’un de ces aliments deux fois par semaine à raison de 100 grammes par prise. Il en va de même pour les viandes blanches et pour les œufs. En additionnant le tout cela fait six repas comprenant au moins une viande ou deux œufs par semaine. Le reste du temps mangez du poisson. De préférence du poisson gras car ils contiennent des bonnes graisses indispensables au bon fonctionnement de l’organisme (les fameux oméga-3).

La charcuterie doit représenter une exception  dans votre alimentation. Quelque soit sa forme, elle est classée par les professionnels de la nutrition dans la catégorie des aliments très gras au même titre que le beurre.

Pour finir sur les viandes rouges, il est quand même nécessaire d’en consommer dans les limites indiquées,  pour leur apport en fer et en protéines. Mais rappelez-vous, pas plus de 100grammes par prise.





9. Restreignez au maximum l’apport de mauvaises graisses (acides gras saturés).

 


Comment ? En limitant les apports de :

-         beurre, une petite cuillère par jour pas plus.

-         Charcuterie

-         Gâteau

-         Lait, yaourts au lait entier, crème dessert…

-         Viandes rouges, gibiers, abats

-         Pizza, quiche…

-         Fritures de toutes sortes….

-         Sauce




10. Apportez, de façon quotidienne, en quantité limité, la part de bonnes graisses (acides gras polyinsaturés) à votre

alimentation.

 


Une bonne graisse est une graisse que l’organisme n’est pas en mesure de synthétiser et qui est nécessaire à son bon fonctionnement. Elle doit être en conséquence introduite tous les jours en quantité réduite car elle est très calorique dans l’alimentation sous forme de :

-         Huile végétale (deux cuillères à soupe par jour d’huile de colza, de noix ou d’olives)

-         Poisson gras (100 grammes de thon, saumon, sardine, maquereau…en boite, frais, congelé, tout est bon)

-         Fruits secs (quatre fruits par jour pas plus, de préférez les noix et les noisettes).

-         Soja, (sous toute ses formes en quantité raisonnable quand même, sauf pour les femmes enceintes).



11. Attention à l’abus de produits laitiers.

 


Les produits laitiers sont riches en calories mais ont pour intérêt de contenir du calcium C’est, bien que certains spécialistes réfutent depuis peu cette théorie, la raison pour laquelle il est nécessaire d’en consommer régulièrement. Surtout pour les enfants et les adolescents qui développent leur capital osseux au cours de cette période de leur vie. Quand à vous je vous recommande, pour couvrir vos besoins en calcium de consommer au maximum deux yaourts natures ou aux fruits à 0% par jour.



12. Modérez votre prise d’excitants.

 


Essayez de ne pas dépasser trois tasses de cafés ou de thé par jours. Apprenez, si vous ne le savez déjà, que le thé vert est recommandé pour sa propriété d’antioxydant. Il combat la formation de radicaux libres. C’est un bon thé.



13. Accordez-vous quelques exceptions.


Oui, oui ! Vous avez bien lu, il est nécessaire pour l’équilibre d’une bonne santé morale de s’accorder quelques entorses au règlement. Nous ne sommes pas des spartiates tout de même. Combien de fois ? Une à deux fois par semaine maximum. C’est déjà beaucoup. Que ce soit en famille, entre amis, au cours d’un repas d’affaires ou d’agrément vous êtes invités à vous faire plaisir en mangeant les mets que l’on vous propose et de consommer les vins que l’on vous présente surtout s’ils sont délicieux. D’ailleurs, en ce qui me concerne autant je trouve naturel de déguster peu, bon et cher autant il m’est difficile de concevoir de boire beaucoup, médiocre et bon marché. L’adage beaucoup, cher et bon n’est pas, et croyez bien que je le regrette, pour raison de santé, de circonstance.

 

 

 

Les principes relatifs de la bonne nutrition sportive.

 

 

L’accès à la performance sportive nécessite un bon état de forme. Mais à quoi correspond au juste un bon état de forme ? A beaucoup de choses. C’est une question à laquelle il est difficile de répondre si l’on essaye de la traiter globalement. Différents paramètres entrent en jeu. Cependant, en dehors des aspects techniques et pédagogiques inhérents aux activités sportives en général, il est possible de simplifier la réponse à cette question en s’intéressant essentiellement aux modifications d’ordre physiologique qui contribuent à doter notre corps d’une meilleure condition physique ?

De quelle manière réagit notre corps pendant l’exercice physique, que se passe-t-il ensuite ?  Hé bien vous allez tout savoir. En fait, il faut comprendre qu’au cours de la séance sportive le corps se détruit. Oui, oui ! Vous avez bien lu, une destruction énergétique et structurelle se produit. Comment ? D’abord par la mise en jeu des carburants, c'est-à-dire que les muscles pour fonctionner utilisent le sucre de réserve et les graisses. Ne rêvez pas trop, ils vident surtout les réservoirs de sucres. Ensuite, par la destruction partielle de fibres musculaires et osseuses. Les contraintes mécaniques détériorent le muscle et l’os. Il en va de même pour le cartilage osseux, les tendons, les ligaments… Enfin, j’aurais dû commencer par là,  le corps perd une quantité considérable d’eau, sans compter la perte de sels minéraux, de sodium principalement et de tous les éléments qui contribuent au bon rendement des différents métabolismes qui animent l’organisme. En schématisant, on peut dire que le sportif à la suite de sa séance sportive est partiellement détruit, le pauvre !

Mais heureusement, dès l’arrêt de l’effort, et pendant la période de repos qui sépare la séance précédente de la séance suivante, le corps se reconstruit progressivement en excès. Ce qui explique le progrès. Bien entendu, ce mécanisme dit de surcompensation ne peut fonctionner parfaitement que si l’alimentation apporte à ce moment là les éléments nécessaires à la reconstruction du corps. C’est un des rôles essentiels de la nutrition sportive.

 

Donc, d’un point de vue strictement physiologique, il est possible d’affirmer qu’une personne en relative condition physique présente une grande quantité de carburant (sucres de réserves essentiellement), un bon potentiel osseux et musculaire, un état hydrique équilibré….

 

Une fois cela compris que faire ? Hé bien, tout d’abord, mettre en œuvre les principes généraux de « la bonne alimentation ».  Puis les jours de compétition ou les jours de fortes sollicitations à l’entraînement, appliquer les principes de « la bonne alimentation sportive » que je vais définir maintenant.

 

 

 

  1. Eviter la pratique du sport à jeun.

Est-ce que je dois manger avant de courir ou après ? C’est une question que l’on se pose, par exemple, quand on décide de faire du sport le matin. Pour éviter le risque d’hypoglycémie je vous recommande de manger légèrement avant de commencer votre séance d’entraînement. Un fruit, un biscuit sec, un morceau de pain…Une fois l’entraînement terminé, vous pourrez prendre votre petit déjeuner comme d’ordinaire.



2. Cesser toute prise d’aliment une demi-heure avant le début de l’effort

 


Ce principe n’est pas contraire au précédent. Il doit être respecté surtout les jours de compétition ou de séances d’entraînement  intenses. La prise d’aliments ingérée une demi-heure avant le début de la compétition génère un état d’hypoglycémie une fois l’effort commencé. Le sportif présente alors un état de fatigue qui va compromettre logiquement l’objectif qu’il s’était fixé.

  1. S’alimenter pendant l’effort de longue durée.

Pour les adeptes des  courses de longue distance, marathon, semi-marathon, 20 km…C’est une nécessité de s’alimenter pendant la course. En fait c’est toujours la même chose, le but étant de repousser le plus tard possible le moment où le taux de sucres sanguin chutera. Autrement dit, on rajoute du carburant pour ne pas tomber en panne.



4. S’hydrater au cours l’effort de longue durée.


L’astuce consiste à ne pas attendre la soif. Après il est trop tard. Boire régulièrement de petites doses d’eau, deux à trois gorgées toutes les demi-heures c’est bien, essayez de trouver votre rythme d’hydratation à l’entraînement.




5. Avant le début de l’effort, respecter, le jour d’une compétition sportive « la règle des trois heures ».


C’est le grand jour, dans quelques heures vous allez participer à votre premier marathon.  La nutrition fait partie intégrante de votre préparation. Il s’agit de ne pas se tromper. Quand allez-vous prendre votre dernier repas avant  la course ? Réponse : Trois heures avant. C’est le temps nécessaire pour que l’organisme digère les aliments et les rendent progressivement disponibles pour les muscles.




6. Au cours dernier repas précédent la compétition, privilégier la prise de sucres complexes et écartez les mauvaises graisses.

 

Le dernier repas précédent le début de l’épreuve doit être copieux et digeste. L’aspect énergétique sera assuré par les sucres lents. Ces derniers vont ravitailler régulièrement la glycémie ce qui aura pour effet d’éloigner le risque d’hypoglycémie. L’absence de mauvaises graisses (fromage, viandes grasses, beurre, gâteau, crème, friture, sauce diverses…) garantira une bonne digestion.





7. Juste après la fin de la compétition, s’hydrater abondement.

 

D’une manière générale, on considère le sportif comme étant toujours en état de déshydratation. Alors pensez, après un effort aussi éprouvant que la course de fond, dans quel état se trouve le coureur. Pour retrouver l’état initial dans lequel il se trouvait avant l’épreuve il est indispensable qu’il boive de l’eau pétillante tout au long de la journée jusqu’au coucher et de continuer les jours suivants. Ce bon réflexe hydrique facilitera une bonne récupération et permettra une meilleure surcompensation.



8. Au cours des deux ou trois  repas qui suivent la compétition écartez de votre alimentation  les mauvaises graisses, les sucreries, l’alcool et les excitants.

 

Après l’épreuve il s’agit avant tout de récupérer. C'est-à-dire de nettoyer le corps de toutes les toxines accumulées et de le réapprovisionner en eau, en sucres, en sels minéraux, et en éléments de structures.

L’apport de mauvaises graisses et de sucreries contribueraient à contrario à charger en toxines un organisme qui en est déjà largement pourvu. Cela serait contraire à l’effet recherché. De la même manière l’alcool et les excitants comme le café ou le thé sont des diurétiques. Les pertes d’eau qu’ils engendreraient iraient à l’opposé du principe de réhydratation. Voilà encore une mauvaise chose.




9. Manger sainement et efficacement pour récupérer pleinement.

 


Après avoir écarté les aliments indésirables à la bonne récupération, vous l’avez compris maintenant, il s’agit de d’apporter à l’organisme les aliments nécessaires à la reconstitution du corps.

Il est donc recommandé de sélectionner les aliments suivants :

-         Des sucres lents. Pour récupérer du carburant.

-         Des laitages maigres. Pour le calcium, en vue de reconstituer de l’os et du cartilage osseux.

-         Des fruits, pour l’eau qu’ils contiennent et surtout pour les vitamines car leur présence, indispensable, va améliorer le fonctionnement des métabolismes.

-         Des protéines. Elles vont permettre une bonne reconstitution musculaire. Le soja, comme les poissons gras présentent un avantage considérable sur les autres sources de protéines car, à l’opposé des viandes, ils sont dépourvus de mauvaises graisses.

-         De l’eau. Inutile d’y revenir.

 

10. Les jours suivants respecter les principes généraux d’une bonne nutrition.

C’est une lapalissade.

 

 

 

Pour conclure, je vous recommande de contrôler votre indice de masse corporel (IMC) car c’est un bon repère qui vous permettra désormais de vérifier facilement si vous présentez un excédent de poids ou l’inverse.

 

Voici comment on le calcule :

-         poids : (taille en mètre)2 = IMC

-         exemple : 73 kg : (1.74 x 1.74) =

-         73 kg : 3.0276 = 24.11

 

Pour être « dans les clous » il faut présenter un indice se situant entre l’indice 18.5 et l’indice 25. Ceci est valable pour toutes les personnes.

Un bon indice, selon l’Organisation Mondial de la Santé (OMS), garantit la meilleure santé et la meilleure longévité de vie possibles.

En revanche, cette Organisme considère que les personnes dont l’indice est supérieur à 25 présentent un excès de poids et inversement les personnes dont l’indice est inférieur à l’indice 18.5 sont considérées comme trop maigres.

 A partir de l’indice 30 l’obésité commence….

 

 

Bibliographie.

-         Dr Jacques Fricker : « Bien manger pour être au top » Editions Odile Jacob

-         Dr Stéphane Cascua : «  Alimentation pour le sportif » Editions Amphora

-         Dr Jean-Michel Cohen et Dr Patrick Serog " Savoir manger" Editions Flammarion.

 

Et plus modestement :

-         Jean-Pierre Nucci « Retrouver la forme en combattant la fatigue » Editions Vuibert.

 

Et bientôt :

-         Jean-Pierre Nucci « Faire sa gym au bureau » Editions Maxima.

-          

 


Les viandes rouges, le gibier, les abats représentent une source considérable de mauvaises graisses (acides gras saturés). C’est vous en conviendrez, c’est la raison pour laquelle il convient d’en limiter les apports
Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Conseils alimentaires - Communauté : Sport d'endurance
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 10:33
Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : vidéos - Communauté : Sport d'endurance
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 17:37

      

 J’ai appris au cours de mes études sportives qu’il existait « trois filières énergétiques ». La filière anaérobie a lactique, la filière anaérobie lactique et la filière aérobie.

Autrement dit, trois métabolismes différents susceptibles de fournir aux muscles sollicités l’énergie nécessaire à l’accomplissement d’un effort physique particulier. Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois des filières énergétiques j’ai cru que l’on s’adressait à moi dans une autre langue que la mienne et je dois avouer qu’il m’a fallu du temps et de la persévérance pour dompter ce langage. 

Cela fait j’ai ensuite essayé d’en simplifier les termes afin qu’ils soient accessibles au plus grand nombre. C’est alors qu’à ma plus grande stupéfaction j’ai découvert que je n’avais rien compris de tout ça. C’est seulement après maintes réflexions, et en toute humilité, que je pense être arrivé à mes fins. Cela dit, il est temps que je vous en présente maintenant les grands traits.

 

Pour commencer sachez que le muscle en toute circonstance a besoin de carburant pour fonctionner. Il dispose pour cela de trois sources d’énergie distinctes. Ce sont les fameuses filières énergétiques. En fonction de l’intensité et de la durée de l’effort qu’il lui faut fournir il utilise préférentiellement l’une de ces filières.

 

La source la plus instantanée est la filière anaérobie a lactique. Cette filière met à disposition du muscle un carburant appelé créatine phosphate. En pratique, imaginez que vous devez courir rapidement après un bus, cela arrive, c’est cette filière qui vous permettra de le faire car sa mise en œuvre est immédiate. Mais vous ne pourrez prolonger trop longtemps votre effort car les réserves en créatine phosphate sont faibles et qu’il faut du temps pour qu’elles se régénèrent.  Après un court instant, trente secondes au grand maximum, soit vous stopperez votre effort faute de carburant, soit vous le prolongerez en réduisant obligatoirement votre allure et en faisant appel à un autre métabolisme.

Si jamais vous choisissez la deuxième solution, je suis conscient que cette hypothèse n’arrive pas souvent, On ne court pas après un bus indéfiniment , votre organisme utilisera alors sa deuxième source d’énergie, la filière anaérobie lactique. Et alors que votre effort faiblira, tout en demeurant intense et sans pour autant s’estomper, la filière anaérobie lactique mettra à disposition de vos muscles en action le sucre comme carburant. A cette intensité votre effort pourra durer à peu près trois minutes, pas plus. C’est le temps nécessaire pour épuiser les réserves de sucre. Si jamais le bus s’arrête à ce moment là, vous aurez le droit d’injurier le conducteur, le bougre, mais compte tenu de votre état physique je ne pense pas que vous serez en mesure de le faire. Pourquoi ?  Tout simplement parce que votre souffle sera court. Hé oui, quand le muscle fournit un effort de forte intensité pendant une assez longue durée, moins trois minutes rappelez-vous, et qu’il consomme du sucre essentiellement comme carburant, il produit des déchets. De l’acide lactique notamment.  Une partie de l’acidité, les ions d’hydrogène, vont exciter le centre inspiratoire situé dans le bulbe rachidien, une partie du cerveau pour parler plus simplement et vous pourrez toujours inspirez facilement mais vous ne pourrez alors expirez aisément. Bref, vous serez essoufflé. Convenez qu’il est difficile d’injurier qui que ce soit lorsque l’on est dans cet état. Tant mieux pour le conducteur.

Et si vous êtes dégoutés à tout jamais du bus, et vous décidiez d’aller au travail en courant plus lentement, cela se fait parfois, c’est mieux pour éviter les conflits avec les conducteurs, l’organisme mettra en action une troisième source d’énergie, la filière aérobie. En aisance respiratoire, vous parcourrez la distance en consommant un mélange composé prioritairement de sucre et plus ou moins de graisse. Comme dans l’hypothèse précédente, vous ne pourrez pas prolonger trop longtemps votre effort à cette vitesse si vous manquez d’entraînement. Pourquoi ? Parce que vos réserves de sucre ne sont pas inépuisables et que l’on a coutume de dire : « sans sucre pas d’effort ». Et même si vous vous nourrissez de sucre pendant la course la durée de votre effort ne pourra s’étendre très longtemps pour autant. Il faut de l’entraînement pour courir même lentement une grande distance d’un seul trait car seule la répétition régulière de l’effort physique accroît les réserves de sucre hépatique et musculaire (le glycogène) et rendre plus endurant le fonctionnement des métabolismes en jeu. Voilà qui est dit.

 

Mais en dehors de tout effort physique, dans la vie courante notamment, lorsque, par exemple, vous vous rendez au bureau ou chez votre marchand de journaux, évitez, dans une moindre mesure, les disputes en tous genres, l’ensemble des muscles en action brûlent aussi du carburant. Ce carburant est composé principalement de graisse et d’un peu de sucre. Bref, quand vous allez faire vos courses votre organisme utilise toujours la filière aérobie et consomme toujours un carburant mélangé cette fois-ci non pas principalement de sucre et d’un peu de graisse mais bien essentiellement de graisse et dans une moindre mesure de sucre.

Tout cela se réalise bien entendu en aisance respiratoire et votre appareil cardiorespiratoire n’est pas sollicité outre mesure. Voilà donc une autre façon d’utiliser la filière aérobie.

 

Pour aller plus loin, il arrive aussi que les protéines servent de carburant. Elles sont utilisées comme cela quand les réserves de sucres sont pratiquement épuisées. Le peu qu’il reste est affecté à l’alimentation du cerveau et du cœur. L’organisme assure sa survie ainsi et se protège en dégradant les protéines afin qu’elles puissent être consommées comme carburant. Elles se mélangent avec les graisses pour apporter l’énergie nécessaire aux muscles pour fonctionner. L’inconvénient c’est que ce métabolisme dit protéique induit des déchets toxiques. Les lendemains d’effort accompli dans ces circonstances sont souvent douloureux. Courbatures, fatigue extrême… C’est la raison pour laquelle il est préférable lorsque l’on pratique l’exercice physique de bien se nourrir et de consommer des sucres lents pour entretenir ou développer les stocks de glycogène.

 

 

 

 

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Réflexions - Communauté : coaching sportif
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 20:45

 

 

 

Voici en quelques mots le résumé de l’article précédent intéressant la nature des fibres musculaires (Paul, Henri…).

Il existe deux types de fibres, les rouges et les blanches, leur nombre est définitivement déterminé à la naissance et une partie d’entre elles, les intermédiaires, a la capacité d’évoluer en fonction de la contrainte physique qui lui est imposée.

 

Les fibres musculaires, dans leur ensemble, quelque soit leur couleur, se transforment donc progressivement afin que le corps réponde de la meilleure façon qui puisse le faire à une  surcharge de travail nouvelle et permanente.

Les fibres blanches, appelées d’une autre façon fibres de type II, répondent à une sollicitation intense en s’hypertrophiant. Leur taille augmente grâce à une hypertrophie fibrillaire, sarcoplasmique, conjonctif, mitochondriale, vasculaire et glycogénique. Bref, en d’autres termes elles gonflent. Et elles le font dès qu’elles se trouvent soumises à un effort de force récurrent. Mais ce processus naturel ne s’accomplit pleinement que si la charge d’entraînement est accompagnée d’une alimentation adaptée à ses besoins. En effet, pour être performant le muscle a obligation de s’alimenter correctement pour couvrir son usure mécanique et sa dépense d’énergie. Une recharge en protéines est nécessaire. Un apport calorique de 0,80 g/kg de poids de corps par jour est recommandé sans jamais dépasser 2g.

Cette majoration structurelle est inévitablement accompagnée d’une recharge toute aussi importante en glucides, en lipides (oui, en bonnes graisses surtout) ainsi que celle en vitamines et en sels minéraux pour respecter l’équilibre alimentaire (55% glucides, 30%lipides, 15% protides).

A cela il convient d’ajouter une augmentation de la consommation de liquides, l’eau étant la  plus recommandée (environ 3 litres/jour).

Donc, je majore ma charge de travail et je majore d’autant mon apport calorique total.

 

Les fibres rouges appelées d’une autre façon fibre de type I, s’adaptent en affinant principalement leur captation en glucose. Cette adaptation se réalise aisément grâce à une meilleure sensibilité musculaire à l’insuline. Le sucre ainsi consommé en excès va quitter le sang pour se localiser dans le muscle et le foie. Les fibres rouges, dès qu’elles sont sollicitées à bon escient, c'est-à-dire en endurance, augmentent considérablement leur capacité de stockage de sucre de réserve, le glycogène, et minore le risque de diabète pour autant.

Mais leur adaptation ne s’arrête pas là. La cellule ou fibre voit son taux de mitochondries augmenter considérablement. Ces petites usines à oxygène rendent la fibre plus endurante. Qui plus est, le tissu conjonctif qui entoure les fibres se décharge de son excès de graisses ce qui a pour effet de les affiner. Pour finir, un accroissement capillaire accompagne ces modifications améliorant par la même la circulation locale et donc l’approvisionnement en éléments essentiels et l’évacuation des déchets.

 

Les fibres intermédiaires, quant à elles, qu’elles soit rouges ou blanches tout en mutant subissent les mêmes transformations.

Elles mutent, à plus ou moins long terme, en fonction du type d’effort réalisé régulièrement. C’est notamment la raison qui explique pourquoi le corps d’un sportif spécialisé dans une discipline se modifie avec le temps. et se distingue d'un autre pratiquant un sport différent en intensité et en durée.

 

 

 

 

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : informations - Communauté : coaching sportif
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 19:16

 

 

 

Paul :je ne comprends pas, je soulève presque autant de charges que toi Henri et malgré cela tu prends plus de muscle que moi. C’est dingue, tu gonfles à vue d’œil et moi je reste définitivement fluet. Ce n’est pas normal !

Henri : Je n’en sais pas plus que toi Paul, on va demander au coach ce qu’il en pense. Hé coach ! Peux-tu nous expliquer pourquoi je demeure nettement plus musclé que l’avorton là devant moi ?

Paul : ha ! C’est malin, vraiment !

Moi : Je vais vous expliquer, vous verrez ce n’est pas très compliqué.

Henri : Ok mais on m’a dit que,

Moi : Laisse-moi aller jusqu’au bout je te prie.

Henri : entendu.

Moi : bon, vous êtes toutes ouïes ?

Paul : Ok on t’écoute.

 

Moi : Pour commencer apprenez que le muscle est composé de fibres musculaires. Ensuite sachez que le nombre de ces fibres est déterminé une fois pour toute à la naissance. Ce qui veut dire que le sport ne change rien à cela. Le nombre de fibres est invariable dans le temps.

Paul : C’est fixé une fois pour toute ?

Moi : Oui.

Henri : La génétique, je te l’avais bien dit Paul, je t’atomise depuis ma naissance mon pauvre !

Paul : Ouais, ouais fais le malin, mais coach plus sérieusement, si je te suis, il est donc impossible de changer les choses, jamais je ne pourrais mettre sa branlée à cet abruti d’Henri ?

Moi : Non, non, ce n’est pas vrai ! Tu as ta chance car le facteur psychologique joue fortement et de ce côté je pense que tu disposes d’un avantage certain sur Henri.

Henri : Hé, qu’est ce que ça veut dire, je ne suis pas d’accord !

Paul : J’ai toujours pensé que tu es un velléitaire mon vieux !

Henri : Un velléitaire, je vais te montrer moi !

Moi : On se calme et on écoute d’accord ?

Henri : Ok ! Ok on déconne coach.

Moi : Pour faire simple, sachez qu’il existe deux types de fibres. Les fibres rouges et les fibres blanches. Les fibres rouges sont faites pour les sports d’endurance, les fibres blanches pour les sports de force.

Henri : Ha ! C’est pour ça qu’il devient tout rouge quand il pousse sur la fonte.

Paul : Je préfère me taire.

Moi : Les fibres blanches ont le pouvoir de se développer nettement plus que les fibres rouges.

Paul : C’est pour cela que je gonfle moins que lui alors ?

Moi : Oui.

Henri : Ha ! Ha ! Ha !

Moi : pour aller plus loin s’il est vrai que l’activité physique ne peut pas augmenter le nombre de fibres en revanche elle peut en modifier en partie la nature.

Paul : Ha !

Henri : Les rouges peuvent devenir blanches et inversement ?

Moi : Non. Ce sont les fibres dites intermédiaires faisant partie à part entière d’un groupe ou de l’autre qui mutent. Autrement dit, certaines fibres rouges peuvent muter et devenir fortes tout en restant rouges.

Paul : Alors si je continue à pousser de la fonte je vais devenir plus fort et plus volumineux. Je vais te mettre ta branlée toi.

Henri : Si toi tu prends du volume, alors moi qu’est ce que ça va être, mon pauvre je t’enterre.

Paul : Coach je n’ai aucune chance !

Moi : Attention, je n’ai pas dis que toutes les fibres mutaient, ce n’est pas une vérité absolue. Seules les fibres sollicitées le font. Par exemple si je mobilise uniquement les bras je développerais ma force qu’à cet endroit de mon corps. Il existe aussi d’autres cas de figures, par exemple, certaines personnes sont fortes des bras et faibles des jambes. Tout dépend de l’activité physique qu’elles ont pratiquée pendant leur enfance.  L’adolescence joue un rôle fondamental à ce sujet. C’est une des raisons pour laquelle il est recommandé de faire plusieurs activités sportives lorsque l’on est jeune. La pratique de plusieurs sports va générée une force globale distribuée à l’ensemble de la musculature. Qui plus est la force développée au cours de l’adolescence reste durable à condition qu’ensuite on l’entretienne bien évidemment. Sans sollicitation pas de force.

Paul : ouais mais ça ne règle pas mon problème.

Moi : Tu as raison, je me suis égaré, tu as ta chance dans cette affaire car tu possèdes une grande volonté de progresser. Là où d’autres abandonnent à cause de la contrainte existante toi tu continues en t’accrochant. C’est ta force. Ceux-là tu les dépasseras c’est certain.

Henri : mais moi aussi je m’accroche coach…

Moi : Je n'ai pas dis le contraire Henri mais tu es moins assidu que lui et à terme cela va te nuire. 
Paul : Ha! Ha! Ha!
Moi : Quant à toi Paul dis-toi bien que tu ne peux devenir l’homme le plus fort de la terre. Tu auras beau t’entraîner il y en aura toujours de plus puissant que toi. Mais à part ça je te trouve meilleur qu’Henri dans bien des domaines. En séries d’abdominaux par exemple et tu es même plus souple en plus.

Henri : c’est une conspiration ou quoi ?

Moi : bon les gars on arrête de bavarder et on travaille, prenez la barre et chargez-là.

Paul : combien ?

Moi : 80 kilos

Henri : Heu ! Pu….il veut notre mort

Paul : on aurait mieux fait de se taire.

Henri : c’est encore de ta faute….

 

 

 

 

 

 

 

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Réflexions - Communauté : coaching sportif
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