C’est la nuit, je me lève en sursaut puis me dirige à tâtons vers le salon que j’éclaire afin d’effacer de mauvaises images.
Je les chasse mais elles reviennent continuellement brouiller mes pensées au point de ne plus savoir si je rêve ou si c’est la réalité. Il me faut attendre un peu
de temps pour que ce cauchemar disparaisse enfin.
L’esprit de nouveau apaisé je fais l’inventaire des rendez-vous de la journée.
7 heures Henri, 8heures Laurent, 9heures, Florence...
C’est toujours la même chose, toujours le même cauchemar, à chaque fois je rêve que je repasse l’examen du diplôme de préparateur physique. Comme en direct, je
revis intensément les épreuves les unes après les autres et au final un examinateur au regard sévère m’annonce mon échec.
- Ce n’est pas important, lui dis-je, de toute façon je suis déjà titulaire du diplôme depuis bientôt 20 ans alors…
- Mais non monsieur, me répond-il solennellement, vous ne pouvez plus exercer car vous ne possédez plus ce diplôme désormais !
- Mais, j’exerce ce métier depuis longtemps et.
- Il ne fallait pas présenter l’examen une nouvelle fois, je suis désolé mais c’est terminé pour vous !
Cet affreux scénario revient régulièrement hanter mon esprit depuis que j’ai fait de ce métier ma principale activité.
Dans les années quatre-vingts quand je planchais les matières consciencieusement assis devant mon bureau je n’avais pas vraiment idée de l’importance que prendrait
dans ma vie la réussite de cet examen. J’avais alors du mal à me projeter dans le temps et je vivais essentiellement au présent.
Aujourd’hui le regard que je porte sur cette période est différent et j’ai bien conscience que l’obtention de ce brevet d’Etat a été fondamentale pour la suite de
ma carrière, ce qui explique les cauchemars récurrents.
Il faut dire qu’il m’avait fallu trois tentatives pour le décrocher. J’avais échoué deux années durant. Je me souviens avoir difficilement accepté ces échecs et de
les avoir vécus comme des injustices alors que les raisons de ces revers étaient totalement fondées. Heureusement je m’étais remis à chaque fois au travail et cela avait fini par payer.
L’idée de m’engager dans cette voie remonte à l’année 1986 quelques mois après mon recrutement en qualité de maître nageur à la Mairie de Paris. Sur les conseils
d’un copain je m’étais lancé dans cette aventure sans y réfléchir vraiment.
J’avais alors suivi des cours par correspondance dispensés par une école privée. Je me rappelle de la surprise qui avait été la mienne quand le paquet de polycopiés
était arrivé par la poste. Je n’en étais pas revenu. Je m’étais demandé comment faire pour apprendre tout ça ?
C’est la raison pour laquelle le soir, ma journée de travail terminée, j’avais étudié sans relâche jusqu'à ce que la matière accepte de s’ouvrir à moi. Plus jeune
je n’avais pas pu travailler suffisamment à l’école, j’écoutais Lou Reed. Comme une sorte d’oiseau sur la branche je passais des heures à savourer les morceaux de musique que j’aimais et dans la
mesure où il est difficile de faire deux choses à la fois, j’avais opté pour Bob Dylan, Pink Floyd et consort.
Ces œuvres artistiques avaient été ensuite remplacées par des considérations anatomiques. Les os, les articulations et les muscles avaient constitué l’essentiel de
ma vie. Je n’arrivais pas à tout comprendre du premier coup mais à force de travail et de volonté cela avait relativement fini par s’éclaircir.
Mais ce n’était pas tout, il avait fallu en parallèle besogner durement à la salle de fitness et à mon grand étonnement c’était mon physique plus que mon cerveau
qui m’avait fait défaut. Bien que sportif de nature la découverte de cette activité c’était avérée particulièrement rude pour moi. J’avais eu tendance à considérer les difficultés physiques
auxquelles j’allais être confronté comme une simple formalité compte tenu du fait que je possédais un bon niveau de performance dans d’autres sports. Une fois sous la barre de musculation la
réalité m’avait convaincu du contraire. J’étais naturellement adroit et rapide certes, je possédais de bonnes jambes et du souffle, mais ma force était relativement faible. Cette déficience
physique c’était manifestée dès les premières séances puis confirmée les mois suivants et malgré une forte assiduité à la salle de fitness mes progrès avaient stagnés. Les charges m’avaient paru
pesantes et j’étais demeuré loin des performances imposées.
Pour réussir l’examen il me fallait soulever une charge équivalente à celle de mon propre poids du corps et comme je n’y arrivais pas j’avais décidé de maigrir pour
amoindrir cette difficulté.
J’avais donc suivi pour cela un régime draconien à base de protéines. Ma nouvelle alimentation, totalement dépourvue de toutes formes de sucres et de graisses,
s’était limitée à trois repas quotidiens essentiellement composés de blancs de poulets, de verdures et de fromage blanc à zéro pourcent de matières grasses. Pour tenir bon, dès que la faim me
sollicitait, et cela arrivait souvent, j’ingurgitais des litres d’eau.
Après seulement quatre semaines de diète, l’objectif que je m’étais fixé avait été atteint, j’avais perdu cinq kilos.
Sur la balance je ne pesais plus que 67 kilos mais curieusement je me sentais considérablement fatigué.
Je peinais à repousser plus de cinq fois de suite une barre d’haltérophilie supportant l’équivalent de mon corps en kilos.
Mes performances physiques demeurèrent dans cet état jusqu’à l’examen ce qui me valu d’être justement sanctionné d’une note éliminatoire à l’épreuve de force dite
« du développer coucher ».
L’année suivante ce fut pire, trop sûr de moi, j’avais échoué lamentablement à l’écrit.
La troisième année j’avais joué mon ultime carte.
Le règlement prévoyait qu’il n’était pas possible de présenter l’examen plus de trois fois d’affilée. L’épée de Damoclès au dessus de la tête, une once d’humilité
et de lucidité m’avait alors conduit, afin de mettre toutes les chances de mon côté, à m’inscrire à la faculté de médecine de Bobigny pour y suivre des cours dans le cadre du diplôme
universitaire de sport et santé. L’enseignement qu’on y délivrait avait été aussi instructif que complet et m’avait permis d’approfondir considérablement mes connaissances techniques. Les acquis
résultant de cette formation supplémentaire avaient sans aucun doute facilité mon admissibilité.
Cette fois ci je m’étais senti prêt, je connaissais intégralement le programme des connaissances et j’étais bien préparé physiquement.
Ma préparation musculaire avait considérablement transformé mon corps, j’étais devenu plus fort et plus endurant et je n’appréhendais plus d’affronter les exercices
de force comme les fois précédentes.
Les épreuves s’étalaient sur cinq jours, du lundi au vendredi au CREPS de Reims.
Ma convocation notifiait que je devais être présent le lundi matin au centre d’examen à 11 heures précises pour la séance de la pesée.
Les formalités d’hébergements préalablement réglées, pour bien faire, j’avais décidé de m’y rendre en train dès le dimanche après midi afin d’être certain de ne pas
manquer ce rendez-vous.
Dans le wagon 2ème classe, installé dans mon fauteuil, par confort, il avait
fait très chaud cet après midi là, j’avais ôté mon blouson dans lequel se trouvait mon portefeuille, et pour ne pas m’en encombrer, je l’avais rangé dans le compartiment juste au dessus de ma
tête. A Reims, les pieds sur le quai, j’avais réalisé trop tard que j’avais quitté le train précipitamment en oubliant de le récupérer.
Irrité, sans papier, les poches vides, j’avais rejoins le centre d’examens situé à cinq kilomètres de là, en marchant et en maugréant contre moi-même pendant tout
le parcours.
A l’accueil, j’avais averti un membre du jury de mon infortune. L’air sincèrement désolé, il m’avait répondu qu’en l’absence de papiers d’identité il m’était
impossible de participer aux épreuves.
Devant mon désarroi, il accepta de prévenir le président du jury afin de voir si une solution était envisageable.
Par chance, il m’annonça un peu plus tard que mon portefeuille avait été retrouvés et récupérés par un agent de la SNCF et qu’ils se trouvaient à ma disposition au
guichet d’accueil de la gare de Charleville Mézières. Puis il précisa :
- Voilà le contrat, dès demain matin, vous prendrez le premier train pour vous rendre là bas et une fois les papiers récupérés vous reviendrez par le train de 10 heures pour vous
présenter à l’épreuve de la pesée où l’on vous attendra jusqu’à 11h30. C’est jouable.
- Heu ! Je vous remercie, mais je suis désolé de vous demander cela, je n’ai pas d’argent sur moi et…
- Oui ! oui, nous y avons pensé, le Président a décidé de financer le montant du prix du billet aller-retour sur la caisse générale.
- Je vous remercie.
Après une inoubliable nuit d’inquiétude, dès l’aurore, mes chaussures de jogging aux pieds, j’avais quitté le centre d’examens en direction de la gare que j’avais
atteint vingt minutes plus tard en courant d’un bon train.
A Charleville-Mézières, tout c’était passé comme prévu, j’avais récupéré mon portefeuille au guichet comme on me l’avait indiqué et ensuite j’avais repris sans
tarder le chemin du retour. De nouveau à Reims sous un soleil de plomb, j’avais accéléré ma foulée pour regagner le centre afin de respecter le contrat.
Vers 12 heures, vêtu d’un seul slip, tout mouillé de sueur, je fus agréablement surpris d’apprendre que mon poids de corps s’était délesté de deux kilos. J’avais
accusé alors soixante cinq kilos seulement au lieu des soixante sept prévus. C’avait été bon pour moi et j’étais persuadé qu’au final toutes ces émotions allaient avoir pour effet d’optimiser mes
performances physiques. Les augures avaient été en ma faveur.
Au cours de la semaine, les épreuves étaient réparties différemment. Les matinées étaient consacrées à la théorie et à la pédagogie, les après-midi au
physique.
J’avais pris pour habitude quand mon propre emploi du temps me le permettait de scruter en spectateur attentif le comportement des autres candidats aux épreuves à
venir. Je notais tout ce qui aurait pu m’aider à améliorer mes prestations.
C’est ce qui m’avait permis d’assister à l’évènement déterminant de ma réussite.
Cela c’était passé au cours de l’épreuve de force dite des « tractions nuques ».
Suspendu par les mains à une barre horizontale située à deux mètres au dessus du sol, l’exercice consistait à tracter son corps jusqu’à ce que la barre soit au
contact de la nuque. Chaque traction comptait un point.
Mon attention fut interpellée par le comportement d’une candidate. Elle paraissait agitée bien qu’elle s’adressait au superviseur, un monsieur d’une quarantaine
d’années. Par curiosité je m’étais alors approché discrètement pour savoir de quoi ils parlaient :
- Ca va aller mademoiselle, ça va aller, c’est à votre tour maintenant, je ne peux rien faire pour vous !
- S’il vous plaît monsieur, à la place je ne peux pas présenter l’épreuve des biceps ? C’est certain, je vais me planter, j’en suis sûre.
- Désolé, mais le règlement c’est le règlement, allez soyez confiante, ça va bien se passer
- Ecoutez, vous êtes le seul membre du jury de cette épreuve, personne n’en saura rien.
- Je vous en prie, et puis mon collègue arrivera bientôt, je ne peux pas répondre favorablement à votre demande. Allez-y maintenant ou je serai dans l’obligation de vous
sanctionner d’une note éliminatoire.
Après tergiversation elle s’était élancée et avait débuté l’exercice fébrilement. A la cinquième répétition sa force l’abandonna. Elle essaya en vain de se hisser
encore une fois mais retomba aussitôt au sol. Je pensais qu’elle avait échouée. C’est alors qu’elle se mit à implorer le membre du jury jusqu’à ce qu’il lui accorde la dernière répétition.
- Bon entendu, mais ne le dite à personne, compris ?
- Oui, monsieur, merci beaucoup.
Le superviseur se retourna juste à ce moment là et m’aperçu tout près derrière lui. Je soutins son regard un moment avant qu’il s’éloigne sans mot dire reprendre sa
fonction.
J’avais par la suite décidé intuitivement de faire preuve de discrétion pensant que ce secret pourrait m’être utile ultérieurement.
Quarante huit heures plus tard, quand je m’étais présenté à l’exercice physique du « développer nuque » j’avais eu la surprise de constater que c’était le
même superviseur qui avait été désigné pour organiser cette épreuve.
J’allais savoir si j’avais eu raison de ne pas divulguer mon petit secret.
Pour réussir, je devais soulever plus de cinq fois à la force de mes seuls bras une barre métallique en la hissant bien haute au dessus de ma tête.
La répétition était validée quand mes coudes étaient parfaitement tendus. La charge représentait la moitié de mon poids à laquelle on devait rajouter dix kilos.
C’était lourd.
Je redoutais cette épreuve. A cause de l’entorse cervicale contractée trois ans au paravent au football je n’avais pas pu me préparer autant que
nécessaire.
Quand mon tour vint, le superviseur me rappela d’une manière très neutre les règles du jeu.
Lorsque je fus correctement installé sur le fauteuil prévu à cet effet, le dos bien plaqué contre le dossier, il plaça la barre dans mes mains et me demanda dans la
foulée de commencer la première répétition.
Les cinq premiers mouvements se passèrent bien mais au sixième ma force me fit défaut au point de stopper mon geste légèrement au dessus de ma tête. C’était
insuffisant pour qu’il soit validé, et comme je ne voulais pas abdiquer, j’avais maintenu la position quelque temps en espérant pouvoir aller jusqu’au bout.
J’étais sur le point de renoncer quand l’examinateur m’ôta volontairement la barre de mes mains.
J’eu alors la spontanéité de m’indigner contre cette décision en prétextant que j’étais certain de soulever la barre une dernière fois.
- Pourquoi avez-vous enlevé la barre de mes mains ? Lui demandais-je.
- Je regrette mais vous n’y arrivez plus, c’est pourquoi je me suis permis d’intervenir me répondit-il.
- Je ne suis pas d’accord, la barre montait lentement certes mais sûrement, j’allais y arriver ! Repris-je d’un air volontaire.
- Heu ! Je ne suis pas sûr.
- J’en suis sûr rétorquais-je avec insistance.
C’est alors que je le dévisagea aussi intensément que je le pouvais dans le but de lui rappeler en mémoire notre épisode commun. Il réfléchit un instant, me fixa
longuement, puis m’annonça :
- Entendu, je vous l’accorde, vous avez de la chance.
Et voilà j’avais bien fait de me taire, la médisance m’aurait sûrement perdu alors que ma discrétion m’avait permis de franchir l’obstacle que je craignais le
plus.
Il ne me restait plus qu’à réussir l’épreuve de pédagogie pratique et j’avais fini. Tout allait se jouer le lendemain matin à neuf heures.
Pour une fois le tirage au sort m’avait été favorable. L’énoncé stipulait qu’il fallait que je « renforce la ceinture scapulaire d’un jeune
adolescent ». J’avais bien étudié ce type de sujet et je connaissais par cœur les pièges à éviter.
Le jury était composé d’une jeune femme et d’un homme trapus dont le gabarit laissait apparaître clairement qu’il pratiquait le culturisme. Le rôle du « jeune
adolescent » était joué par un candidat.
Tout s’était déroulée à merveille jusqu’au moment où grisé par ma réussite j’avais demandé « à mon jeune adolescent » de ne pas décomposer ses mouvements
comme le ferait trop machinalement un culturiste. En même temps que j’avais prononcé cette phrase j’avais pressentis qu’elle allait m’être préjudiciable.
Quand ma prestation fut terminée, je m’étais présenté devant le jury pour expliquer mes choix pédagogiques.
Alors que j’exposais mes arguments je fus déstabilisé par une question, judicieusement choisi pour cela, que « l’homme trapus » me
posa :
- C’est quoi pour vous la ceinture scapulaire ?
-
Je sentis alors mon âme vaciller. J’étais tellement abasourdi qu’aucun son ne sortit de ma bouche. Je pensais que s’en était fini pour moi quand l’autre membre du
jury me fit comprendre par un geste discret que tout n’allait pas si mal que je pouvais le croire. Je repris confiance et je répondis du mieux que je le pu à la question :
- La ceinture scapulaire est un ensemble osseux composé de l’omoplate, de la clavicule et du sternum. J’ai donc renforcé les muscles qui la mobilisent en…
- Citez-les moi me dit-il en interrompant mon développement ;
- Heu ! Tous, c'est-à-dire qu’ils sont nombreux et…
- Tous sans exception me répéta-il avec insistance.
- Bon, heu ! le deltoïde, le grand et le petit pectoral, le sus et le sous épineux, le grand et le petit rond, le sous scapulaire, heu ! Le grand dentelé, le rhomboïde,
l’angulaire...Heu ! C’est tout je crois. Non il manque le grand dorsal !
- Et le plus important, vous avez oubliez le plus important me dit-il de manière moins agressive ;
- Heu ! Je ne vois pas
Alors il m’intima de bouger les épaules sans mobiliser mes bras. Je répondis spontanément :
- Le trapèze !
- Il resta silencieux un moment puis me demanda d’un ton solennel :
- C’est quoi pour vous un culturiste ?
Et voilà, nous y étions, comme j’avais imprudemment chatouillé sa susceptibilité il me le faisait payer en me tourmentant de la sorte. Heureusement j’eu le réflexe
de répondre avec le plus d’humilité possible afin qu’il ne me sanctionne pas pour cet écart de langage :
- C’est vrai, je le reconnais, vous avez raison, j’ai prononcé cette phrase bêtement sans savoir exactement pourquoi. Je vous demande de bien vouloir ne pas en tenir compte
pour ma notation.
- Entendu, mais la prochaine fois réfléchissez à ce que vous dites me répondit-il satisfait de son petit jeu.
De retour à Paris, j’attendis tout le week-end durant les résultats de l’examen.
Le Président du jury avait annoncé qu’il serait possible d’en être informés dès le lundi suivant auprès de la direction régionale de la Jeunesse et des
Sports.
Le lundi matin, alors que je m’étais apprêté à affronter le verdict, un de mes amis devança ma démarche et m’appris au téléphone que j’avais été reçu. Ma
satisfaction avait été profonde et contenue à la fois.
Passé les moments d’allégresse, il me fallut du temps pour retrouver la sérénité. Les journées m’avaient paru longues, fades et je m’étais ennuyé fermement. Je
m’étais enfoncé dans une sorte de torpeur dans laquelle j’avais eu beaucoup de mal à m’extraire. L’adrénaline me manquait.
Quand j’y pense aujourd’hui, j’ai la certitude que j’ai vécu pendant ces trois années durant de merveilleux moments, peut être les plus intenses de toute ma
jeunesse. Elles resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme faisant parties de mes meilleurs souvenirs.
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