Faire sa gym au bureau

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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 08:18


Au départ une équipe de mousquetaires perdue dans la foule de joggeurs anonymes ce dimanche 11 octobre 2009 déroulant les kilomètres avec l’envie de réaliser un bon résultat.

 

A l’arrivée, cinq sportifs complètement vidés par l’épreuve vécue. L’apprentissage de la compétition c’est avéré plus dur que prévu.

C’est tout à fait normal qu’un léger sentiment de contre performance se soit manifesté dans un premier temps mais, j‘en suis certain, il fera place rapidement à un sentiment de revanche bien légitime. Nous espérions faire mieux et pourtant nous pouvions difficilement le faire dans la mesure où notre volume d’entraînement avait été bien trop faible.

Qui plus est, l’encombrement du départ a perturbé notre stratégie de course. Nous avons perdu beaucoup de temps au cours des deux premiers kilomètres, par moment nous avons fait du surplace, surtout pendant la côte qui mène au Trocadéro, cela nous a obligé par la suite d’accélérer fortement, près de 14kms/h les deux  kilomètres suivants pour recoller au temps de passage que nous nous étions fixés.

Ces nombreuses accélérations successives nous ont, j’en suis certain, porté préjudice par la suite.

 

Au final, la leçon à tirer cette expérience, c’est que le foncier reste primordial dans ce type d’épreuve même si je considère que malgré tout nous avons limité la casse et réalisé chacun une performance plus que respectable. Personne n’a fait moins que 1h46 ce qui fait à minima 11,52 km/h de moyenne sur 20 kms ce n’est pas honteux.

Il est vrai que l’idée de pouvoir tous passer sous la barre des 1h40 paraissait prétentieuse compte tenu du peu de kilomètres parcourus à l’entraînement et du nombre restreint  de séances. J’aurais dû manifestement réfréner les ambitions affichées par le groupe, et les miennes en tout premier lieu.

 

En ce qui me concerne justement, je dois avouer que mon chrono est un tantinet décevant. 1h46 alors que j’avais sur cette épreuve déjà réalisé 1h37, certes en 2003, c’est navrant.

Après avoir accusé le coup, oui j’avais osé espérer passer sous les 1h40 comme les autres et cela m’a chagriné un peu, mais rassurez-vous pas trop quand même, j’ai réfléchis sur les causes de cet échec. J’en ai trouvé plusieurs.

D’abord le temps qui passe. Je ne cherche pas d’excuses mais sept années à mon âge ça compte. A 43 ans la jeunesse n’est pas encore très loin, à 50 on ne peut pas en dire autant. Désormais je sais qu’il me sera difficile de rééditer mes performances antérieures même si je n’ai pas abdiqué à l’idée d’être aussi performant qu’avant. Seul l’entraînement, j’en suis sûr, me prouvera si je peux l’être encore.

Ensuite, comme je l’ai déjà raconté, une programmation trop courte. 5 séances d’une durée d’1h20 environ, même assorties de séries intenses, ce n’est pas suffisant pour obtenir un bon résultat. C’est même, je dirais, présomptueux.

Enfin, l’envie d’aller chercher un temps. C’est à mon sens la cause principale de mon échec. La performance nécessite le dépassement de soi. Passé les 10 kms, je suis rentré volontairement dans un rythme confortable pour ne plus en sortir. La motivation m’a manquée, je n’ai pas eu envie de me faire mal. J’ai souffert certes mais insuffisamment pour espérer améliorer mon chrono. Pour retrouver le désir de courir vite il faudrait que je m’entraîne plus dur et plus souvent afin de ne pas être dans un état de fatigue avancée dès la mi parcourt.  En aurais-je vraiment la volonté ? Je l'espère vivement et dimanche prochain j’irai m’entraîner dans l’intention de me rattraper.

 

Ceci étant dit, il me reste à remercier mes partenaires pour les bons moments passés ensemble et à vous quitter pour bien me reposer. C’est amplement mérité. 20 kms à bon train après tout ce n’est pas rien.

 

 

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Réflexions - Communauté : Sport d'endurance
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 20:36



Ce qui paraît primordial dans la réussite d’une course pédestre n’est pas, comme on le pense trop souvent, de franchir la ligne d’arrivée, mais bien d’être présent et en possession de ses moyens sur la ligne de départ. A l‘inverse, on risque la blessure ou la contre performance.

Mais ce qui fait le plus mal c’est le rêve d’une performance brisé par un traumatisme corporel survenu quelque temps avant la date fatidique de la compétition.  Outre le fait qu’on accepte de mauvais cœur la blessure et le renoncement qui va avec, ce qui mine surtout l’esprit c’est la sensation d’avoir travaillé jusque là pour rien.

Et on se pose la question : comment en suis-je arrivé là ?

L’erreur serait de croire qu’en pareille circonstance  la faute incombe « à pas de chance ». S’il y a bien une notion qui est totalement étrangère à l’accident mécanique c’est bien la malchance.  En fait , la cause en revient presque toujours à la mauvaise évaluation des risques encourus.

Ces risques sont multiples, ils peuvent êtres engendrés par une mauvaise préparation, une alimentation incorrecte, une ambition démesurée etc.

Mais ce qui me semble être souvent la cause fondamentale d’une blessure corporelle c’est bien l’absence d’écoute de son corps. Une douleur anodine est généralement le préalable d’un accident à venir. On ne souffre pas pour rien mais bien pour quelque chose. Un tendon fait mal au réveil et l’inflammation n’est pas loin, un point douloureux derrière la cuisse se manifeste et c’est l’élongation qui pointe son nez.... Ce qui est certain c’est que nier la douleur conduite inéluctablement à la blessure.

Alors que faire ?

D’abord appliquer les soins nécessaires à la partie du corps concerné. C’est incontournable. Ensuite, réviser son objectif de départ. Est-il trop ambitieux ? Reste-t-il réalisable ? En fonction de la réponse, revoir son plan d’entraînement. Est-il toujours adapté à mes capacités physique, les séances ne sont elles pas trop intenses ? Les temps de repos sont-ils suffisant ? Est-ce que je respecte bien les principes de l’entraînement ? Etc.

On le voit, tout ceci n’est pas simple mais reste néanmoins possible. Pour y arriver il convient d’appréhender la compétition avec humilité. C’est pour ma part la meilleure façon de minimiser les risques. On court pour soi pas pour les autres. De toutes façons, quelque soit la vitesse à laquelle on court et aussi rapide soit-elle, il y a toujours quelqu’un pour nous dépasser alors…

 

 

 

 

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Réflexions - Communauté : Sport d'endurance
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 19:58

 

 

C’est la nuit, je me lève en sursaut puis me dirige à tâtons vers le salon que j’éclaire  afin d’effacer de mauvaises images.

Je les chasse mais elles reviennent continuellement brouiller mes pensées au point de ne plus savoir si je rêve ou si c’est la réalité. Il me faut attendre un peu de temps pour que ce cauchemar disparaisse enfin.

L’esprit de nouveau apaisé je fais l’inventaire des rendez-vous de la journée.

7 heures Henri, 8heures Laurent, 9heures, Florence...

 

C’est toujours la même chose, toujours le même cauchemar, à chaque fois je rêve que je repasse l’examen du diplôme de préparateur physique. Comme en direct, je revis intensément les épreuves les unes après les autres et au final un examinateur au regard sévère m’annonce mon échec.

-       Ce n’est pas important, lui dis-je, de toute façon je suis déjà titulaire du diplôme depuis bientôt 20 ans alors…

-       Mais non monsieur, me répond-il solennellement, vous ne pouvez plus exercer car vous ne possédez plus ce diplôme désormais !

-       Mais, j’exerce ce métier depuis longtemps et.

-       Il ne fallait pas présenter l’examen une nouvelle fois, je suis désolé mais c’est terminé pour vous !

 

Cet affreux scénario revient régulièrement hanter mon esprit depuis que j’ai fait de ce métier ma principale activité.

Dans les années quatre-vingts quand je planchais les matières consciencieusement assis devant mon bureau je n’avais pas vraiment idée de l’importance que prendrait dans ma vie la réussite de cet examen. J’avais alors du mal à me projeter dans le temps et je vivais essentiellement au présent.

Aujourd’hui le regard que je porte sur cette période est différent et j’ai bien conscience que l’obtention de ce brevet d’Etat a été fondamentale pour la suite de ma carrière, ce qui explique les cauchemars récurrents.

Il faut dire qu’il m’avait fallu trois tentatives pour le décrocher. J’avais échoué deux années durant. Je me souviens avoir difficilement accepté ces échecs et de les avoir vécus comme des injustices alors que les raisons de ces revers étaient totalement fondées. Heureusement je m’étais remis à chaque fois au travail et cela avait fini par payer.

 

L’idée de m’engager dans cette voie remonte à l’année 1986 quelques mois après mon recrutement en qualité de maître nageur à la Mairie de Paris. Sur les conseils d’un copain je m’étais lancé dans cette aventure sans y réfléchir vraiment.

J’avais alors suivi des cours par correspondance dispensés par une école privée. Je me rappelle de la surprise qui avait été la mienne quand le paquet de polycopiés était arrivé par la poste. Je n’en étais pas revenu. Je m’étais demandé comment faire pour apprendre tout ça ?

C’est la raison pour laquelle le soir, ma journée de travail terminée, j’avais étudié sans relâche jusqu'à ce que la matière accepte de s’ouvrir à moi. Plus jeune je n’avais pas pu travailler suffisamment à l’école, j’écoutais Lou Reed. Comme une sorte d’oiseau sur la branche je passais des heures à savourer les morceaux de musique que j’aimais et dans la mesure où il est difficile de faire deux choses à la fois, j’avais opté pour Bob Dylan, Pink Floyd et consort.

Ces œuvres artistiques avaient été ensuite remplacées par des considérations anatomiques. Les os, les articulations et les muscles avaient constitué l’essentiel de ma vie. Je n’arrivais pas à tout comprendre du premier coup mais à force de travail et de volonté cela avait relativement fini par s’éclaircir.

 

Mais ce n’était pas tout, il avait fallu en parallèle besogner durement à la salle de fitness et à mon grand étonnement c’était mon physique plus que mon cerveau qui m’avait fait défaut. Bien que sportif de nature la découverte de cette activité c’était avérée particulièrement rude pour moi. J’avais eu tendance à considérer les difficultés physiques auxquelles j’allais être confronté comme une simple formalité compte tenu du fait que je possédais un bon niveau de performance dans d’autres sports. Une fois sous la barre de musculation la réalité m’avait convaincu du contraire. J’étais naturellement adroit et rapide certes, je possédais de bonnes jambes et du souffle, mais ma force était relativement faible. Cette déficience physique c’était manifestée dès les premières séances puis confirmée les mois suivants et malgré une forte assiduité à la salle de fitness mes progrès avaient stagnés. Les charges m’avaient paru pesantes et j’étais demeuré loin des performances imposées.

Pour réussir l’examen il me fallait soulever une charge équivalente à celle de mon propre poids du corps et comme je n’y arrivais pas j’avais décidé de maigrir pour amoindrir cette difficulté.

J’avais donc suivi pour cela un régime draconien à base de protéines. Ma nouvelle alimentation, totalement dépourvue de toutes formes de sucres et de graisses, s’était limitée à trois repas quotidiens essentiellement composés de blancs de poulets, de verdures et de fromage blanc à zéro pourcent de matières grasses. Pour tenir bon, dès que la faim me sollicitait, et cela arrivait souvent, j’ingurgitais des litres d’eau.

Après seulement quatre semaines de diète, l’objectif que je m’étais fixé avait été atteint, j’avais perdu cinq kilos.

Sur la balance je ne pesais plus que 67 kilos mais curieusement je me sentais considérablement fatigué.

Je peinais à repousser plus de cinq fois de suite une barre d’haltérophilie supportant l’équivalent de mon corps en kilos.

Mes performances physiques demeurèrent dans cet état jusqu’à l’examen ce qui me valu d’être justement sanctionné d’une note éliminatoire à l’épreuve de force dite « du développer coucher ».

L’année suivante ce fut pire, trop sûr de moi, j’avais échoué lamentablement à l’écrit.

 

La troisième année  j’avais joué mon ultime carte.

Le règlement prévoyait qu’il n’était pas possible de présenter l’examen plus de trois fois d’affilée. L’épée de Damoclès au dessus de la tête, une once d’humilité et de lucidité m’avait alors conduit, afin de mettre toutes les chances de mon côté, à m’inscrire à la faculté de médecine de Bobigny pour y suivre des cours dans le cadre du diplôme universitaire de sport et santé. L’enseignement qu’on y délivrait avait été aussi instructif que complet et m’avait permis d’approfondir considérablement mes connaissances techniques. Les acquis résultant de cette formation supplémentaire avaient sans aucun doute facilité mon admissibilité.

 

 

Cette fois ci je m’étais senti prêt, je connaissais intégralement le programme des connaissances et j’étais bien préparé physiquement.

Ma préparation musculaire avait considérablement transformé mon corps, j’étais devenu plus fort et plus endurant et je n’appréhendais plus d’affronter les exercices de force comme les fois précédentes.

 

Les épreuves  s’étalaient sur cinq jours, du lundi au vendredi au CREPS de Reims.

Ma convocation notifiait que je devais être présent le lundi matin au centre d’examen à 11 heures précises pour la séance de la pesée.

Les formalités d’hébergements préalablement réglées, pour bien faire, j’avais décidé de m’y rendre en train dès le dimanche après midi afin d’être certain de ne pas manquer ce rendez-vous.

Dans le wagon 2ème classe, installé dans mon fauteuil, par confort, il avait fait très chaud cet après midi là, j’avais ôté mon blouson dans lequel se trouvait mon portefeuille, et pour ne pas m’en encombrer, je l’avais rangé dans le compartiment juste au dessus de ma tête. A Reims, les pieds sur le quai, j’avais réalisé trop tard que j’avais quitté le train précipitamment  en oubliant de le récupérer.

 

Irrité, sans papier, les poches vides, j’avais rejoins le centre d’examens situé à cinq kilomètres de là, en marchant et en maugréant contre moi-même pendant tout le parcours.

A l’accueil, j’avais averti un membre du jury de mon infortune. L’air sincèrement désolé, il m’avait répondu qu’en l’absence de papiers d’identité il m’était impossible de participer aux épreuves.

Devant mon désarroi, il accepta de prévenir le président du jury afin de voir si une solution était envisageable.

Par chance, il m’annonça un peu plus tard que mon portefeuille avait été retrouvés et récupérés par un agent de la SNCF et qu’ils se trouvaient à ma disposition au guichet d’accueil de la gare de Charleville Mézières. Puis il précisa :

-       Voilà le contrat, dès demain matin, vous prendrez le premier train pour vous rendre là bas et une fois les papiers récupérés vous reviendrez par le train de 10 heures pour vous présenter à l’épreuve de la pesée où l’on vous attendra jusqu’à 11h30. C’est jouable.

-       Heu ! Je vous remercie, mais je suis désolé de vous demander cela, je n’ai pas d’argent sur moi et…

-       Oui ! oui, nous y avons pensé, le Président a décidé de financer le montant du prix du billet aller-retour sur la caisse générale.

-       Je vous remercie.

 

Après une inoubliable nuit d’inquiétude, dès l’aurore, mes chaussures de jogging aux pieds, j’avais quitté le centre d’examens en direction de la gare que j’avais atteint vingt minutes plus tard en courant d’un bon train.

A Charleville-Mézières, tout c’était passé comme prévu, j’avais récupéré mon portefeuille au guichet comme on me l’avait indiqué et ensuite j’avais repris sans tarder le chemin du retour. De nouveau à Reims  sous un soleil de plomb, j’avais accéléré ma foulée pour regagner le centre afin de respecter le contrat.

Vers 12 heures, vêtu d’un seul slip, tout mouillé de sueur, je fus agréablement surpris d’apprendre que mon poids de corps s’était délesté de deux kilos. J’avais accusé alors soixante cinq kilos seulement au lieu des soixante sept prévus. C’avait été bon pour moi et j’étais persuadé qu’au final toutes ces émotions allaient avoir pour effet d’optimiser mes performances physiques. Les augures avaient été en ma faveur.

Au cours de la semaine, les épreuves étaient réparties différemment. Les matinées étaient consacrées à la théorie et à la pédagogie, les après-midi au physique.

J’avais pris pour habitude quand mon propre emploi du temps me le permettait de scruter en spectateur attentif le comportement des autres candidats aux épreuves à venir. Je notais tout ce qui aurait pu m’aider à améliorer mes prestations.

C’est ce qui m’avait permis d’assister à l’évènement déterminant de ma réussite.

Cela c’était passé au cours de l’épreuve de force dite des « tractions nuques ».

Suspendu par les mains à une barre horizontale située à deux mètres au dessus du sol, l’exercice consistait à tracter son corps jusqu’à ce que la barre soit au contact de la nuque. Chaque traction comptait un point.

Mon attention fut interpellée par le comportement d’une candidate. Elle paraissait agitée bien qu’elle s’adressait au superviseur, un monsieur d’une quarantaine d’années. Par curiosité je m’étais alors approché discrètement pour savoir de quoi ils parlaient :

-       Ca va aller mademoiselle, ça va aller, c’est à votre tour maintenant, je ne peux rien faire pour vous !

-       S’il vous plaît monsieur, à la place je ne peux pas présenter l’épreuve des biceps ? C’est certain, je vais me planter, j’en suis sûre.

-       Désolé, mais le règlement c’est le règlement, allez soyez confiante, ça va bien se passer

-       Ecoutez, vous êtes le seul membre du jury de cette épreuve, personne n’en saura rien.

-       Je vous en prie, et puis mon collègue arrivera bientôt, je ne peux pas répondre favorablement à votre demande. Allez-y maintenant ou je serai dans l’obligation de vous sanctionner d’une note éliminatoire.

Après tergiversation elle s’était élancée et avait débuté l’exercice fébrilement. A la cinquième répétition sa force l’abandonna. Elle essaya en vain de se hisser encore une fois mais retomba aussitôt au sol. Je pensais qu’elle avait échouée. C’est alors qu’elle se mit à implorer le membre du jury jusqu’à ce qu’il lui accorde la dernière répétition.

-       Bon entendu, mais ne le dite à personne, compris ?

-       Oui, monsieur, merci beaucoup.

Le superviseur se retourna juste à ce moment là et m’aperçu tout près derrière lui. Je soutins son regard un moment avant qu’il s’éloigne sans mot dire reprendre sa fonction.

J’avais par la suite décidé intuitivement de faire preuve de discrétion pensant que ce secret pourrait m’être utile ultérieurement.

 

Quarante huit heures plus tard, quand je m’étais présenté à l’exercice physique du « développer nuque » j’avais eu la surprise de constater que c’était le même superviseur qui avait été désigné pour organiser cette épreuve.

J’allais savoir si j’avais eu raison de ne pas divulguer mon petit secret.

Pour réussir, je devais soulever plus de cinq fois à la force de mes seuls bras une barre métallique en la hissant bien haute au dessus de ma tête.

La répétition était validée quand mes coudes étaient parfaitement tendus. La charge représentait la moitié de mon poids à laquelle on devait rajouter dix kilos. C’était lourd.

Je redoutais cette épreuve. A cause de l’entorse cervicale contractée trois ans au paravent au football  je n’avais pas pu me préparer autant que nécessaire.

Quand mon tour vint, le superviseur me rappela d’une manière très neutre les règles du jeu.

Lorsque je fus correctement installé sur le fauteuil prévu à cet effet, le dos bien plaqué contre le dossier, il plaça la barre dans mes mains et me demanda dans la foulée de commencer la première répétition.

Les cinq premiers mouvements se passèrent bien mais au sixième ma force me fit défaut au point de stopper mon geste légèrement au dessus de ma tête. C’était insuffisant pour qu’il soit validé, et comme je ne voulais pas abdiquer, j’avais maintenu la position quelque temps en espérant pouvoir aller jusqu’au bout.

J’étais sur le point de renoncer quand l’examinateur m’ôta volontairement la barre de mes mains.

J’eu alors la spontanéité de m’indigner contre cette décision en prétextant que j’étais certain de soulever la barre une dernière fois.

-       Pourquoi avez-vous enlevé la barre de mes mains ? Lui demandais-je.

-       Je regrette mais vous n’y arrivez plus, c’est pourquoi je me suis permis d’intervenir me répondit-il.

-       Je ne suis pas d’accord, la barre montait lentement certes mais sûrement, j’allais y arriver ! Repris-je d’un air volontaire.

-       Heu ! Je ne suis pas sûr.

-       J’en suis sûr rétorquais-je avec insistance.

C’est alors que je le dévisagea aussi intensément que je le pouvais dans le but de lui rappeler en mémoire notre épisode commun. Il réfléchit un instant, me fixa longuement, puis m’annonça :

-       Entendu, je vous l’accorde, vous avez de la chance.

 

 

Et voilà j’avais bien fait de me taire, la médisance m’aurait sûrement perdu alors que ma discrétion m’avait permis de franchir l’obstacle que je craignais le plus.

Il ne me restait plus qu’à réussir l’épreuve de pédagogie pratique et  j’avais fini. Tout allait se jouer le lendemain matin à neuf heures.

 

Pour une fois le tirage au sort m’avait été favorable. L’énoncé stipulait qu’il fallait que je «  renforce la ceinture scapulaire d’un jeune adolescent ».  J’avais bien étudié ce type de sujet et je connaissais par cœur les pièges à éviter.

Le jury était composé d’une jeune femme et d’un homme trapus dont le gabarit laissait apparaître clairement qu’il pratiquait le culturisme. Le rôle du « jeune adolescent » était joué par un candidat.

Tout s’était déroulée à merveille jusqu’au moment où grisé par ma réussite j’avais demandé « à mon jeune adolescent » de ne pas décomposer ses mouvements comme le ferait trop machinalement un culturiste. En même temps que j’avais prononcé cette phrase j’avais pressentis qu’elle allait m’être préjudiciable.

Quand ma prestation fut terminée, je m’étais présenté devant le jury pour expliquer mes choix pédagogiques.

Alors que j’exposais mes arguments je fus déstabilisé par une question, judicieusement choisi pour cela, que « l’homme trapus » me  posa :

-       C’est quoi pour vous la ceinture scapulaire ?

-        

Je sentis alors mon âme vaciller. J’étais tellement abasourdi qu’aucun son ne sortit de ma bouche. Je pensais que s’en était fini pour moi quand l’autre membre du jury me fit comprendre par un geste discret que tout n’allait pas si mal que je pouvais le croire. Je repris confiance et je répondis du mieux que je le pu à la question :

-       La ceinture scapulaire est un ensemble osseux composé de l’omoplate, de la clavicule et du sternum. J’ai donc renforcé les muscles qui la mobilisent en…

-       Citez-les moi me dit-il en interrompant mon développement ;

-       Heu ! Tous, c'est-à-dire  qu’ils sont nombreux et…

-       Tous sans exception me répéta-il avec insistance.

-       Bon, heu ! le deltoïde, le grand et le petit pectoral, le sus et le sous épineux, le grand et le petit rond, le sous scapulaire, heu ! Le grand dentelé, le rhomboïde, l’angulaire...Heu ! C’est tout je crois. Non il manque le grand dorsal !

-       Et le plus important, vous avez oubliez le plus important me dit-il de manière moins agressive ;

-       Heu ! Je ne vois pas

Alors il m’intima de bouger les épaules sans mobiliser mes bras. Je répondis spontanément :

-       Le trapèze !

- Il resta silencieux un moment puis me demanda d’un ton solennel :

-       C’est quoi pour vous un culturiste ?

Et voilà, nous y étions, comme j’avais imprudemment chatouillé sa susceptibilité il me le faisait payer en me tourmentant de la sorte. Heureusement j’eu le réflexe de répondre avec le plus d’humilité possible afin qu’il ne me sanctionne pas pour cet écart de langage :

-       C’est vrai, je le reconnais, vous avez raison,  j’ai prononcé cette phrase bêtement sans savoir exactement pourquoi. Je vous demande de bien vouloir ne pas en tenir compte pour ma notation.

-       Entendu, mais la prochaine fois réfléchissez à ce que vous dites me répondit-il satisfait de son petit jeu.

 

 

De retour à Paris, j’attendis tout le week-end durant les résultats de l’examen.

Le Président du jury avait annoncé qu’il serait possible d’en être informés dès le lundi suivant auprès de la direction régionale de la Jeunesse et des Sports.

Le lundi matin, alors que je m’étais apprêté à affronter le verdict, un de mes amis devança ma démarche et m’appris au téléphone que j’avais été reçu. Ma satisfaction avait été profonde et contenue à la fois.

 

Passé les moments d’allégresse, il me fallut du temps pour retrouver la sérénité. Les journées m’avaient paru longues, fades et je m’étais ennuyé fermement. Je m’étais enfoncé dans une sorte de torpeur dans laquelle j’avais eu beaucoup de mal à m’extraire. L’adrénaline me manquait.

Quand j’y pense aujourd’hui, j’ai la certitude que j’ai vécu pendant ces trois années durant de merveilleux moments, peut être les plus intenses de toute ma jeunesse. Elles resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme faisant parties de mes meilleurs souvenirs.

 

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Nouvelles - Communauté : coaching sportif
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 23:11



Le volume d’oxygène maximal (Vo2max) s’exprime en ml/kg/min. C’est un paramètre physiologique qui prend en compte, en millilitre, la quantité d’oxygène consommée à l’effort par kilo de poids du corps et par minute.

 

Plus simplement, il correspond à la quantité maximale d’oxygène  que peut apporter l’appareil cardiovasculaire aux muscles en action. C’est le plafond aérobie. Au delà, l’organisme ne peut plus répondre correctement à la demande et l’effort est dit anaérobie, sans O2.

 

Le Vo2max décroît avec l’âge, (hé oui) mais il s’améliore avec l’entraînement à tous âges (il y a quand même de l’espoir).

 

 Sa progression dépend avant tout de l’adaptation du cœur à l’effort et principalement du développement de son volume de remplissage.

 

L’entraînement régulier, en effet, à plus ou moins long terme, augmente les cavités du cœur. Une fois cela fait, le cœur a la possibilité de recevoir plus de sang chargé en O2 et d’en rejeter autant dans les artères. Cette adaptation fonctionnelle favorise à l’effort la consommation d’O2 par les muscles. La réponse est ainsi plus aisée mais a néanmoins ses limites.

 

La limite de ce système c’est bien la fréquence cardiaque qui la détermine.

Un cœur de sportif, un gros cœur, à l’inverse d’un petit, répond mieux à la demande parce qu’il ne lui  est pas nécessaire de pomper beaucoup pour le faire.

Sa fréquence est basse. Quand la demande se fait sentir elle augmente moins rapidement que celle d’un cœur de sédentaire.

 

Mais quelle que soit la grosseur des cavités cardiaques, jusqu’à un certain niveau d’effort physique, le volume de remplissage du cœur reste en adéquation avec la fréquence. L’appareil cardiovasculaire et respiratoire répond parfaitement à la demande.

Passé ce niveau, en présence d’un effort à très forte intensité, les battements du cœur deviennent trop rapprochés au point que les cavités cardiaques n’ont plus le temps de se remplir convenablement et provoque de ce fait une baisse du débit artériel.

En conséquence, les tissus ne sont plus correctement approvisionnés en oxygène car l’appareil cardiovasculaire n’a plus les moyens de répondre favorablement à la demande. Le seuil aérobie est dépassé, l’effort anaérobie commence.

 

 

Questions pratiques :

 

  • Peut-on augmenter le Vo2max ?

Oui, comme je viens de le décrire l’entraînement régulier accroît les cavités du cœur, fait baisser la fréquence cardiaque et améliore ainsi le Vo2max. Néanmoins cette progression reste limitée. Tous les spécialistes considèrent que l’on ne peut accroître ce volume que de 20%.

 

  • Quel type d’entraînement favorise le développement du Vo2max ?

L’exercice aérobie principalement, en continu ou en fractionné.

 

  • La connaissance du Vo2max d’une personne peut-il préfigurer son niveau de performance ?

Dans une certaine mesure, mais cela reste relatif.

La table de Hermann, détermine en fonction de la valeur du Vo2max la meilleure performance qu’il est possible de réaliser sur une distance précise dans une compétition pédestre.

Exemple : avec un Vo2max estimé à 55ml/kg/min le résultat espéré au mieux à l’épreuve du marathon est de 3h44. Cela donne une bonne indication mais reste cependant insuffisant pour déterminer le résultat escompté car d’autres paramètres interfèrent dans le processus d’entraînement.

Des paramètres anatomiques (tendinite, arthrose, élongation…) physiologiques ( fatigue, erreur alimentaire, récupération incomplète…) et psychologiques (baisse de la motivation, stress, mauvaise estime de soi…).

Il arrive souvent qu’une erreur de planification des séances d’entraînement conduise au surentraînement et compromettre de ce fait la performance !

 

Pour conclure, il convient de retenir que le Vo2max décroit certes avec l’âge mais qu’il peut être amélioré à tous les âges grâce à l’exercice physique d’endurance et qu’un Vo2max d’une valeur élevée est un indicateur de bonne condition physique.

Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : informations - Communauté : Sport d'endurance
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 12:48



1: Un aperçu du sentier de randonnée qui rejoint Evisa à Porto.


2: Les Gorges au fond de la vallée.


















3: Un arbre curieusement enraciné.


















































Le village d'Ota au loin.































Le sentier se situe tout en sous bois du départ à l'arrivée.






























Une belle balade à faire en famille. Compter 2 heures de marche pour rejoindre d'Evisa le lieu dit "les deux ponts" à Ota. 



Par Jean-Pierre Nucci - Publié dans : Randonnée - Communauté : corsica randonnées
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